Aux origines de la guerre

Les tours de guet de la confédération suisse


Les "hochwachten"

Dans l’ancienne confédération suisse, des feux d’alarme étaient utilisés pour prévenir, alerter et mobiliser des troupes.

Au XVIIe et XVIIIe siècles, ce système ingénieux de tours de guet pouvaient s’étendre sur des centaines de kilomètres.

En Suisse, les postes de garde élevés (également appelés “Chutzen” ou “Signal” en français) désignaient des points de signalisation situés au sommet des montagnes (en règle générale à une altitude ne dépassant pas 1500 mètres) ou à des endroits marquants.


Système vieux comme le monde

 

 

 

Chaque poste de garde était en visibilité directe avec au moins deux autres stations.

La position comprenait une cabane de guet, une poêle en résine montée sur un échafaudage pivotant, un canon de signalisation ainsi qu’une haute pile de bois.

Le bois était empilé de manière à ce que le feu s’embrase rapidement, mais continue de brûler pendant environ une heure. Un toit de paille conique protégeait la pile de l’humidité et de la moisissure.

Un instrument de visée était orienté vers les postes de garde voisins, afin de déterminer si de la fumée ou un feu y brûlait et devait être transmis comme signal d’alarme.

De nuit, on signalait par le feu, de jour par la fumée et des canons en cas de brouillard.

La commune sur le territoire de laquelle se trouvait le poste de garde était responsable de la construction et de l'entretien de la position. En cas de danger de guerre imminent, quatre gardes étaient postés, les tours bernoises étant occupées tout au long du XVIIe siècle.
Ce mode d'alerte était connu dans la région bernoise dès le milieu du XVe siècle. Les années suivantes, le réseau s'est largement développé. Entre le Rhin et le lac Léman, Berne possédait 156 postes de garde élevés, la Thurgovie 51, Fribourg 33, Zurich 23 et Lucerne 17.
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En cas de déclaration de guerre par le Conseil de Berne, des gardes sur la tour de la cathédrale effectuaient cinq tours de la terrasse supérieure, brandissant des torches. Les canons des remparts tiraient trois coups et les cloches des églises sonnaient le tocsin.

En partant du principe qu’il fallait 10 minutes pour allumer un feu d’alarme, il fallait 3 heures pour que l’alerte de Berne atteigne Zurzach, 2 heures et demie pour Genève et 1 heure et 40 minutes pour Guttannen.

Une fois l’alerte transmise, des cloches et des tambours relayaient le message dans les villes et villages.

Grâce à ce système, l’ensemble du canton de Berne pouvait être alerté en 3 heures et les troupes prêtes à partir en 5 heures.

Informations et illustrations

Carte des tours de guet du canton de Zurich, XVIIe siècle. Bibliothèque centrale de Zurich

Hoch­wachten in der Schweiz : https://hochwacht.info/ueber-hochwachten

Reconstitution d’une tour de guet. Direction de l’instruction publique et de la culture du canton de Berne / Commune de Ringgenberg