Charlemagne

L’homme derrière la légende

Avait-il la fameuse "barbe fleurie" ?

Non, les Francs se rasaient et ne conservaient parfois qu'un bouc mince et court. Ils portaient cependant la moustache.
 
Certes, Charlemagne avait cessé de se raser sur le tard de sa vie. L'expression viendra peut-être de là.

Amateur des lettres et d'art antique, savait-il lire et écrire?

Au départ, non. Son éducation se résumait à chasser, se battre, monter à cheval et commander. Il s'essayera timidement à l'écriture (mal). Quant à lire, parcourir un capitulaire, oui, un poème d'Alcuin, non.

Quelle langue parlait-il ?

Charlemagne parle la langue des Francs, c'est-à-dire le tudesque, idiome d'origine germanique. Pour l'office religieux, il apprendra le latin. Il connait le grec et il va même s'initier au lombard.

Invente-t-il l'école ?

Non, mais l'analphabétisme des fonctionnaires et missi posent problème. Dans ses capitulaires, il exhorte que chaque moine doit lire, parler et s'exprimer correctement.
 
Le palais d'Aix-la-Chapelle deviendra un lieu de formation pour la jeune aristocratie

Combien a-t-il eu d'épouses ?

Cinq. Himiltrude, Désirée, Hildegarde, Fastrade et Liutgarde. Sans compter les concubines.
 
Les femmes sont omniprésentes près de lui. Il les encouragera à cuisiner, coudre mais aussi à lire, écrire et compter. Une vraie révolution pour l'époque.

La relation avec l'Empire romain d'Orient est tendue ?

Oui, l'hostilité est tenace, même après le sacre de Charlemagne, le 25 décembre 800. Il s'écoulera douze ans avant que l'empereur d'Orient reconnaisse enfin à Charlemagne son titre d'empereur d'Occident.. du bout des lèvres.

Charlemagne, jalon entre l'Antiquité et Byzance ?

En partie, oui.
 
Vers 780, Charlemagne fixe sa cour à Aquae Granni, aujourd'hui Aix-la-Chapelle, située au carrefour des mondes latins et germaniques. Charles a aussi la basilique de Trêves, les églises de Ravenne et Rome en tête.

Charlemagne, unificateur ?

En quelque sorte, oui.
 
Charlemagne souhaite une fusion entre les composantes latines, germaniques et un christianisme à base de liturgie romaine. Il enrobe le tout de pratiques anglo-saxonnes et celtiques partagées par les missionnaires de Grande-Bretagne.

Charlemagne en guerre contre le monde arabe ?

Oui et non. La menace arabo-musulmane est moins importante que celle de Byzance. Si Charles Martel a arrêté les Arabes à Poitiers, ils sont contenus au sud des Pyrénées, d'où ils mènent des expéditions de pillage jusqu'à Narbonne.

Charlemagne, sauveur de l'Occident ?

C'est très exagéré mais pas complètement faux.

 

Charles joue habilement avec les dissensions internes byzantines et arabes. Il maintient l'unité et agrandit son royaume. Il prépare le Saint Empire romain germanique et l'Europe dite chrétienne.

Les raids vikings ont eu raison de sa dynastie ?

Non, ce n'est pas lié.

Malgré les raids, Charles reste au pouvoir en Francie occidentale jusqu'au Xe siècle, soit une centaine d'années après le plus fort des attaques des "hommes du Nord", eux-mêmes assimilés.

Éginhard a-t-il créé la légende de Charlemagne ?

Oui et non. Son oeuvre "Vita Caroli Magni" fait moins de cinquante pages mais dresse des informations essentielles sur l'homme. Il commet des erreurs, embellit les actions de Charles, en oublie volontairement d'autres. Pour autant, il confirme aussi les qualités bien réelles de l'empereur.

Conseils de lecture

Charlemagne, de Georges Minois

Charlemagne : Empereur et mythe d’Occident, d’Isabelle Durand-Le Guern et Bernard Ribémont

Charlemagne, empereur et roi, de Georges Bordonove

Charlemagne, de Jean Gall