Combien de temps dure une civilisation ?

Origines et référencement

Une étude de la revue scientifique PNAS a compilé les données de 324 États sur 3 000 ans. Au total, 291 régimes politiques ont été identifiés. Définir des civilisations ou des sociétés est tout de même assez compliqué. Les termes employés peuvent prêter à confusion.

L’analyse privilégie les « États » prémodernes où des organisations centralisées ont appliquées des règles sur un territoire et une population donnés. Dans les bases de données compilées, le risque de disparition a augmenté au cours des deux premiers siècles, puis s’est stabilisé sur plus de 168 crises historiques. La durée moyenne des régimes était d’environ 201 ans.

Régimes politiques

La tendance au vieillissement était présente même si l’on excluait les dynasties. Les dynasties, construites sur des lignées familiales, ont tendance à être de plus courte durée, s’effondrant souvent en raison de conflits de succession ou de la perte du pouvoir.

La fin d’un État peut prendre plusieurs formes : changement des élites dirigeantes (cf. coup d’État) ou effondrement sociétal impliquant la perte durable du gouvernement, de l’écriture et le déclin de la population, comme ce fut le cas dans la Grèce mycénienne. Selon un calcul, l’Empire romain occidental tardif était aux trois quarts du chemin vers le niveau maximal d’inégalité des richesses théoriquement possible (un seul individu détenant toutes les richesses excédentaires).

Même dans les cas où l’effondrement a été total, de nombreuses communautés ont survécu et ont même prospéré. De nombreux États pré-modernes étaient inégaux et prédateurs. Cependant les chiffres et les dates sont souvent contestés. Que faire alors ? Par exemple, l’Empire romain d’Orient a-t-il pris fin théoriquement en 1453 avec la chute de Constantinople, ou son sac par les croisés en 1204, ou encore par la perte de territoire à grande échelle au profit des califats islamiques au cours du VIIe siècle ? 

Longévité

Une étude systématique dynamique d’une population calculée suggère qu’une perte de résilience s’est produite avant leur effondrement démographique. Ce qui implique que le déclin de la “capacité de la résistance” a précédé la plupart des transformations démographiques.

La longévité d’une société la rend plus vulnérable ?

Les inégalités croissantes, les institutions extractives et les conflits entre élites accroissent les frictions sociales. La dégradation de l’environnement pourrait saper les écosystèmes dont dépendent les politiques.

Les schémas de vieillissement dans les États prémodernes peuvent-ils avoir une quelconque pertinence pour le présent ? Cette étude pousse à le confirmer. À l’échelle mondiale, les 1 % les plus riches possèdent près de la moitié de la richesse mondiale , tandis que la moitié la plus pauvre en possède environ 0,75 %. Le changement climatique actuel est sans précédent, en fonction des mesures qui nécessitent des affinements.

Contrairement aux États étudiés, le monde est désormais hyperconnecté et (ultra) mondialisé. Cependant un seul État qui devient fragile et disparaît n’aura pas de conséquence pour le reste du monde, à l’inverse d’une puissance économique comme les États-Unis (cf. effet domino)

Histoire & Odyssée