Conserver la mémoire d'une civilisation

Ad perpetuam rei memoriam

 

Voici un disque de saphir d’une durée de vie de 3 000 ans, résistant aux incendies et à l’acide.

À l’heure où des rouleaux carbonisés de l’Antiquité sont restaurés, la question de la conservation de l’information se pose encore. Comment stocker le savoir d’une civilisation ?

Le XXIe siècle est-il en ébriété numérique ?

Actuellement nous produisons d’immenses quantités d’information, et jamais encore des sociétés humaines structurées en ont produites et emmagasinées autant. Cependant, une partie du support utilisé reste instable.

La révolution numérique a permis de créer un contenu considérable, de le partager en un claquement de doigt à l’autre bout de la planète, mais cela ne permet pas une conservation perenne pour autant.

Peut-être pensons-nous être à l’abri d’une destruction de l’ampleur de la grande bibliothèque d’Alexandrie (les causes évoquées sont encore débattues).

Nous avons, par ailleurs, des bibliothèques de “Pergame” à foison (cf. data center) pour les remplacer, in fine.

EDUCATION & TRANSMISSION

A Genève, des grandes salles construites dans les années 60 ont été réaménagées pour accueillir les data center. Le cas des disque de saphir ont néanmoins un tout autre avantage que l’accumulation de données : ils permettront de conserver les données sensibles, notamment l’emplacement des lieux de stockage des déchets nucléaires.

L’idée moderne de conservation n’est de toute façon pas neuve.

Au XIXe siècle, des meubles fichiers contenant les fiches basées sur le système de classification décimale universelle ont été conçu par Paul Otlet et Henri La  Fontaine (1895).

Students

La conservation de la mémoire mais aussi du temps est précieuse.

En atteste l’horloge atomique à fontaine continue située à Berne, en Suisse. C’est l’une des horloges les plus précises au monde. Elle perdra à peine une seconde après 30 millions d’années.

Memento mori

A Genève, les données du LHC (accélérateur de particules) sont enregistrées sur bande magnétique.

Seulement 1% des données produites par le LHC sont enregistrées et elles doivent être réenregistrées tous les 5 ans.

A l’inverse, seul 5% des données produites par le CERN sont retranscrites sur papier de nos jours. Le papier, inventé par les Chinois, a-t-il encore plus d’avenir qu’on ne le pense ?