Empereur romain, métier à haut risque ?

David

Empereur romain

Métier à haut risque ?

Empereur, César et moi

Du haut du Colisée, le spectacle du politique

Tout d’abord, le terme est impropre. Il serait plus judicieux de parler de régime des Césars dans notre cas.

Ce statut a dominé pendant une période plus ou moins équivalente à 500 ans, dans un empire de 5 millions de kilomètres carrés de terre ferme.

Aujourd’hui, à titre de comparaison, ces régions sont partagés entre 30 nations. Cette structure était différente des monarchies, telles que la royauté médiévale et moderne.

 
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Lonesome Emperor

L’empereur romain n’occupait pas le trône comme un propriétaire, mais davantage comme simple mandataire de la collectivité, chargé par elle de diriger la République.

« Le pouvoir impérial est une délégation, une mission confiée à un individu prétendument choisi ou accepté par le peuple romain. La suite des Césars apparaît donc comme une chaîne perpétuelle de délégations. », nous dit l’historien français Dagron.

Il y a donc une discontinuité entre les empereurs, comme entre des magistrats qui se sont succédé dans le même poste. L’empereur n’est pas un roi. En principe, les mesures prises par un prince ne restent valables à sa mort que si son successeur les confirme.

 

« L’Empire peut être comparé à une succession de grands patriotes qui assument les affaires publiques, les transmettent tout naturellement à leur héritier présomptif, ou encore conquièrent de haute lutte le droit de protéger leurs concitoyens et l’Empire romain »

Jean Béranger

Recherches sur l’aspect idéologique du principat

Des empereurs et des hommes

Cette définition va se confirmer et s’accroître au troisième siècle, au temps des empereurs-soldats. À condition d’avoir les moyens de s’imposer, s’il appartenait à la noblesse sénatoriale des « clarissimes » et sans être d’origine grecque ni, plus tard, germanique. Car une loi non écrite les excluait.

Mais pourquoi alors tout ce sang ? Un mandataire avait succédé à son père ou s’était emparé de la pourpre, sans jamais établir une règle automatique d’accession au trône. Car cela aurait offensé l’idée toute-puissante de souveraineté populaire et aurait fait de Rome un royaume.

Dans les faits, il ne restait donc plus, au peuple et au Sénat, qu’à légitimer les coups d’État vainqueurs. Rome est une société profondément aristocratique et l’institution impériale est modelée, en partie, par cette aristocratie et par son sens de la succession familiale.

Dans un esprit très méditerranéen, un empereur ne se conçoit pas sans sa famille, sa maison, la domus divina. L’opinion populaire romaine le comprenait fort bien. C’est pourquoi on retrouve des dynasties, les Julio-Claudiens, les Sévères et la constantinienne, etc.

L’hérédité du trône n’était pas un principe de droit public, mais une pratique aristocratique admise par l’opinion. Il n’existait pas, comme au moyen âge et sous l’Ancien Régime, d’institution dynastique qui faisait du trône la propriété d’une famille déterminée.
Après la chute d’un « mauvais » empereur, on ne dira pas qu’il avait pris le pouvoir illégalement ou sans l’aveu du Sénat, mais qu’il n’avait point été salué et reconnu par le consensus de tous. Le Sénat n’était pas l’arbitre de la légitimité.

Après Vitellius, Vespasien a été proclamé empereur par les légions du Danube et de l'Orient le 1er juillet avant l'assassinat de Vitellius. Le nouvel empereur mettra fin à la crise de succession ouverte par la mort de Néron et règnera sur l'empire pendant 10 ans.

En savoir plus

Toutes les informations de cet article proviennent de Paul Veyne, “Qu’était-ce qu’un empereur romain ? Dieu parce qu’empereur.”

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