Est-ce que Jean Pic de la Mirandole savait tout ? À sa mort, le 17 novembre 1494, il parlait, disait-on, vingt-deux langues. La vie de ce prince bien né qui frôlait l’arrogance nous a donné une vision mythique de la Renaissance italienne. Qu’a-t-il accompli ?

Jeune héritier d’une fortune colossale, il va s’en servir pour voyager et pour étudier tous les sujets que son époque avait accumulé jusqu’à présent. Humaniste, Jean entre à l’académie de Bologne à 14 ans. Il n’aura de cesse de concilier sa vie intellectuelle et sa vie religieuse.

Il sera ainsi l’un des fondateurs de la cabale chrétienne. Ce mouvement prétendait à éclaircir les mystères du christianisme. Surnommé le Prince de la concorde, il décide d’entreprendre une synthèse entre Aristote et de Platon. Un exercice difficile en ce temps-là.

Son œuvre démesurée prendra forme avec la rédaction de ses neuf cents thèses, qu’il décidera de défendre au cours d’un débat public. Le pape Innocent VIII saisit alors un tribunal d’Inquisition, interdit le débat et condamna 13 de ces thèses pour hérésie. Jean dut se rétracter.

Vers ses 30 ans, il devint le disciple de son confesseur : Savonarole. Farouche opposant à la Renaissance, il le convaincra de détruire ses poèmes et de se délester de sa fortune. Sa mort restera longtemps un mystère. En 2008, une analyse confirme l’empoisonnement à l’arsenic.

« L’histoire du prince de la Mirandole n’est que celle d’un écolier plein de génie, parcourant une vaste carrière d’erreurs, et guidé en aveugle par des maîtres d’aveugles. » (Voltaire)

Pour en savoir plus

Renaissances italiennes: 1380-1500, de Élisabeth Crouzet-Pavan.

La Peinture de la Renaissance italienne, de Stefano Zuffi.

La renaissance Italienne, de Shaaron Magrelli.