La cité ouvrière de Menier

Émile Menier

En 1874, l’industriel Émile Menier va surprendre ses contemporains en construisant une « cité ouvrière » au sein de sa chocolaterie. L’objectif est d’expérimenter un écosystème où l’ouvrier dispose de tout à sa portée : écoles, logements, magasins et autres officines pour à la fois le substanter et définir un cadre conditionné.

Un ouvrier heureux est un ouvrier productif, dit-il.

Une histoire de famille.

Sous l'égide du fondateur, célèbre droguiste parisien, la chocolaterie Menier a d'abord fabriqué des poudres pharmaceutiques. L'élaboration du chocolat viendra dans un deuxième temps. L'encas était alors aussi un produit de luxe vendu comme complément pharmaceutique. Sur le site de Noisel, Émile Menier succède officiellement à son père en 1852, dans le cadre d'un petit empire industriel naissant.

Le site prospère et la production décolle : de 4 000 tonnes en 1853, 25 000 tonnes sont comptabilisés en 1867.

Devenu entre-temps maire de Noisiel, son idée de “cité idéale” se cale sur les théories “d’utopies patronales” du Familistère de Guise ou du Val-bois-Bois de Léon harmel ; des habitations ouvrières, thème sociétal majeur de l’époque.

En avance sur son temps

Il crée d’abord la cité ouvrière sur 20 hectares. Elle est composée de maisons individuelles avec jardins, disposées en quinconce. Le loyer est fixé à 150 francs par an. La construction du site s’achève en 1900 et a coûté un million de francs.

La cité comprend 138 maisons et 312 logements, mais cela n’est pas suffisant pour loger tous les employés.

Les Menier font donc construire 53 maisons et 5 boutiques supplémentaires dans la commune voisine de Champs-sur-Marne.

De 1874 à 1876, un groupe scolaire est construit. Il comprend deux classes primaires, une pour les filles et une pour les garçons, ainsi qu’une salle polyvalente. Une bibliothèque est également accessible aux enfants et aux adultes, et elle compte 1200 ouvrages en 1889.

La cité Menier est également un modèle d’hygiène pour l’époque. Des bornes fontaines, des bains-douches et des toilettes sont à la disposition des habitants. Une partie des ordures ménagères est utilisée comme engrais pour les jardins.

Un service médical gratuit est également mis en place, composé de deux médecins et d'un pharmacien. Il comprend une salle d'attente, un cabinet de consultation et une salle d'opération d'urgence.
Après l'achat d'une ferme en 1880, le site devient un lieu d'expérimentation dans de nombreux domaines : l'outillage, l'agronomie, l'élevage, l'élaboration d'engrais, etc. Après avoir reçu plusieurs prix, une consécration la couronne : elle accueille les concours agricoles de l'Exposition de 1889.

Informations

Toutes les informations et illustrations de ce fil proviennent des Archives départementales de Seine-Et-Marne : archives.seine-et-marne.fr/fr/menier

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