La Guerre d'Hiver

Quand la Finlande résista à l'URSS

Des cocktails Molotov au tireur d'élite Simo Häyhä, petit manuel d'une défense territoriale

Les Finlandais face au métal hurlant russe

En infériorité numérique et doté d’un armement sommaire, les Finlandais ont vécu des bombardements aveugles de la capitale Helsinki tout en menant des batailles simultanées à Suomussalmi, dans le centre de la Finlande et sur l’isthme carélien.

Ces manœuvres habiles sont le fruit de Carl Gustaf Emil Mannerheim, commandant en chef des forces finlandaises lors de ce conflit nommé avec justesse la “guerre d’hiver”.

En concentrant ses efforts de la défense sur la ligne Mannerheim, une série de fortifications ont stoppé adroitement l’avance soviétique.

Par ailleurs, l’organisation de contre-attaques efficaces ont permis aux Finlandais de reprendre progressivement du terrain. Mannerheim symbolisera cette ardente résistance finlandaise qui fera date.

 

De fil en aiguille

Lotta Svärd, l’âme de la résistance finlandaise

Lotta Svärd était une organisation de volontaires féminines finlandaises, créée en 1918 après la guerre civile. Inspirées et symbolisées par la figure mythique de Lotta Svärd – une héroïne du poète Runeberg, elles étaient déterminées à défendre leur pays et à contribuer à la victoire finlandaise. Ce qui fut le cas lors de la défense de la Finlande pendant la guerre d’hiver (1939-1940) et la guerre de continuation (1941-1944).

Les Lottas ont joué un rôle crucial dans l’effort de guerre finlandais. Elles ont remplacé les hommes dans les champs, assuré la production alimentaire, soigné les blessés et les malades dans les hôpitaux et les maisons de retraite, servi dans la défense passive et mené des missions de renseignement.

Cette victoire a été possible grâce à la détermination et au courage des Finlandais, qui ont incarné le “Sisu”, l’esprit de résistance finlandais. Le “Sisu” est devenu un mythe national, qui a renforcé l’engagement des Finlandais dans la guerre et a inspiré les femmes finlandaises à rejoindre l’organisation Lotta Svärd, qui a apporté un soutien important à l’effort de guerre.

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Mieux équipés que leurs adversaires, les Finlandais étaient mieux préparés pour la guerre hivernale, avec des uniformes moins voyants adaptés aux conditions météorologiques extrêmes. Certes, ils ne portaient pas le rouge garance des Poilus français, mais les tenues soviétiques brunâtres dénotaient dans la neige blanche. Moins bien lotis, mal considérés, les Soviétiques ont souffert du froid et de la neige. D'autant plus qu'une 'mort blanche' les abattait de loin.

La mort blanche, le voici ; le tireur d’élite Simo Häyhä a joué un rôle déterminant dans la victoire psychologique finlandaise. Il a abattu à lui seul 505 soldats soviétiques en 98 jours, soit un record mondial en la matière. Sa précision et son sang-froid ont inspiré ses compatriotes et ont contribué à la dissuasion des Soviétiques, poussés au front comme de la chair à canon.

« Heureux les chefs qui n’ont qu’à guider des volontés si ardentes ! », disait Ferdinand Foch. Le moral était du côté finlandais. Déterminés à défendre leur pays, ils étaient prêts à se battre jusqu'au bout. En outre, la résistance acharnée porta ses fruits et incita les défenseurs à fournir le meilleur d'eux-mêmes.

En dépit d’un désavantage écrasant, la Finlande a résisté pendant trois mois, avec (très) peu d’aides extérieures. Cependant, ce n’était qu’une question de temps avant que l’équilibre des forces ne penche en faveur de l’Union soviétique. La démographie fait aussi loi dans ce domaine.

Trompe-l’œil. Il s'agit d'une route finlandaise à 10 km de la frontière russe en 1941.

La guerre d'hiver s'est finalement terminée le 13 mars 1940 avec la signature du traité de Moscou. À la suite de ce traité (11% de son territoire cédé), la Finlande a perdu l'isthme carélien, mais, en dépit d'énormes pressions à la fois militaires et politiques, elle sût se préserver en tant que nation (relativement) indépendante, brisant la détermination de Staline.

Les photographies d’archives utilisées dans cet article proviennent du site des forces de défense finlandaises.

Pour en savoir plus sur le sujet :

« La guerre finno-soviétique de 1939-1940 » de Louis Clerc.