Lettre de la reine Élisabeth I d'Angleterre

Cette lettre de la reine Élisabeth I a été écrite en 1602 à l’empereur Wanli de Ming dans le but de commercer avec la Chine.

La missive n’est jamais parvenue en Chine avant 1984, presque quatre siècles plus tard.

Petite histoire d’une diplomatie ratée.

Enfouie dans les archives du comté de Lancashire, en Angleterre, la lettre est adressée à l’empereur du Cathay (ancien nom pour la Chine).

Elle sollicite commerce avec le pays et, incidemment, demande le bon traitement de George Waymouth (ou Weymouth).

Ce dernier est le capitaine de deux petits navires, parrainée par la Compagnie des Indes orientales.

Lee capitaine part de Ratcliff à la recherche du passage du Nord-Ouest et ainsi d’un raccourci vers la Chine.

Remise à Waymouth, la lettre était accompagnée d’une traduction en latin, espagnol et italien.

Peut-être avaient-ils espéré qu’une personne à la cour puisse traduire d’une manière ou d’une autre les desiderata de la reine.

 

La lettre n’est jamais parvenue à bon port.

En chemin, Waymouth fut forcé de prendre le large à cause du brouillard. Tout au long du voyage, le mauvais temps puis une mutinerie ont entravé l’expédition.

Il revient chez lui le 5 septembre 1602, la lettre en main.

« Elizabeth, par la grâce de Dieu, Reine d’Angleterre, de France et d’Irlande, Défenseure de la Foi au grand, puissant et invincible Empereur de Cathay, salutations […]

Nous espérons que Votre Majesté les considérera avec bienveillance et les encouragera à emprunter ce nouveau passage découvert, qui jusqu’à présent n’a pas été fréquenté ni connu comme une route commerciale habituelle.

Grâce à cela, nos pays peuvent échanger des marchandises pour notre bénéfice mutuel et, par conséquent, l’amitié peut se développer. […]

En attendant, nous confions Votre Majesté à la protection de l’Éternel Dieu, dont la Providence guide et suit tous les rois et royaumes. De notre Palais Royal de Greenwich, le quatre mai anno Domini 1602 et de notre règne 44. »

Le cheminement de la missive demeure un mystère. Elle reste un temps en sa possession avant d’être détenue par la famille Crosse.

Le précieux document finalement transmis au bureau des archives du comté de Lancashire, encore visible aujourd’hui.

En 1984, année du 60e anniversaire de la création des premières Archives nationales de Chine, un colloque s’est tenu à Pékin.

Le Dr Geoffrey Martin, conservateur des archives publiques, a remis une photographie couleur de la lettre au directeur des Archives d’État à Pékin.