L’expression du « village Potemkine » qui désigne un trompe-l’œil à des fins de propagande est à l’origine, au XVIIIe siècle, une belle exagération de la situation. Pourtant, elle a été savamment entretenue à des fins politiques.

Grigori Potemkine (1739-1791) était un homme d’État russe, amant de l’impératrice Catherine II et créateur de l’Ukraine en tant qu’espace géographique. Mais d’où vient son village alors ? Un coup de la Perfide Albion, peut-être ?
En 1783, Grigori devient prince de Tauride et, en 1784, obtient le grade de feld-maréchal. Gouverneur de la région, il va conséquemment vouloir la mettre en valeur. C’est alors qu’intervient un diplomate saxon, un finaud nommé Georg von Helbig. Celui-ci va colporter des rumeurs de villages artificiels et de famine, un constat sombre et sans nuance.
Car si un embellissement a – en effet – bien été organisé, il n’y avait pas de “façades en carton” à proprement parler. Mais cela ne s’arrête pas là. Cette rumeur a été amplifiée par l’homme politique finlandais Johan A. Ehrenström et, un peu plus tard, en 1839, par le marquis de Custine. Mais dans quel but ?
La Crimée était alors dans le viseur de l’Empire ottoman. L’idée d’une Russie faible et aux abois emboita le pas à une campagne d’intoxication. Mais bien que cette région [Crimée] avait tout d’un plat de choix, la guerre de 1787-1792 fut cependant un échec complet pour les Turcs.
Au cours des négociations de paix entre l’Empire ottoman et la Russie, Grigori Potemkine meurt le 5 octobre 1791. Mais l’expression du “village Potemkine” perdura sous l’URSS et encore de nos jours.

Pour en savoir plus

La Grande Catherine & Potemkine, de Simon Sebag Montefiore.