Les mains de Cicéron

David
Sénateur et orateur romain

Les mains de Cicéron

Le 7 décembre 43 avant J.-C., le sénateur romain Cicéron (Marcus Tullius Cicero) est égorgé près de sa villa de Formia par les hommes de Marc-Antoine. Sa tête et ses mains sont exposées sur la tribune. Il était considéré comme le plus grand auteur latin de son temps.
Les "Rostres" ou la tribune aux harangues

La base des Rostres était ornée, à titre de trophées, d'éperons pris aux navires ennemis. Il était fait en sorte que, sur cette tribune, la voix de l'orateur atteigne le Sénat dont les portes devaient rester ouvertes. À Rome, la Curie, le Comitium (assemblée du peuple) et les Rostres sont très proches les uns des autres. Les citoyens rassemblés dans le Comitium pouvaient entendre les débats du Sénat (les portes de la Curie ouvertes) et des magistrats.

Des doigts pour le dire

Une tradition rhétorique gréco-romaine a survécu dans l’iconographie chrétienne : la gestuelle de la main. Ces gestes étaient utilisés par les orateurs et rhéteurs lorsqu’ils prononçaient des discours dans l’agora ou au Sénat, à l’instar de Cicéron.

De la même manière que les rhéteurs romains, les premiers peintres chrétiens d’icônes utilisaient ce procédé dans les peintures du Christ, des saints et des anges.

Tradition rhétorique

 
Dans l’Annonciation, l’archange Gabriel est représenté avec sa main levée (indique une phrase importante, cf. exorde). Les rhéteurs utilisaient cette posture pour annoncer la première partie d’un discours.

Peinture décryptée

Dans le cas du Christ, la gestuelle est encore plus complexe : en levant la main dans un geste de bénédiction, elle façonne les lettres IC XC, une abréviation des mots grecs Jésus (IHCOYC) Christ (XPICTOC).

Détails et analyses

 
Dans le sarcophage des Neuf Muses (Musée du Louvre) représente sur sa face latérale droite un homme assis de trois quarts, l’avant-bras horizontal, l’intérieur de la main droite tournés vers le passant tandis qu’une jeune femme debout lui tend un rouleau. Les quatrième et cinquième doigts sont pliés tandis que le pouce décrit un gamma sur la paume de la main. Les analyses qualifient aussi ce geste de « geste du discours ».



Expression gestuelle était très répandue dans le monde romain

 

« Cette expression gestuelle était très répandue dans le monde romain : les sources littéraires latines attestent sa présence dans la vie quotidienne, du IIIe siècle av. J.-C. au VIe siècle ap. J.-C. »

Des citations ad vitam aeternam

« Inter arma enim silent leges » : Dans le fracas des armes, les lois se taisent.

« Dès que j’eus compris que le peuple romain fait l’oreille sourde, je ne songeai plus qu'à frapper ses yeux de ma présence. J’habitai dans ses regards; je fatiguai le Forum de mes pas. Grand exemple que nous recommandons aux hommes d'État ! »
Éphémérides universelles, ou Tableau religieux, politique
« Jadis les vers de Livius et de Noevius se chantaient sur un mode sévère qui n'excluait pas le charme ; maintenant pour les faire applaudir, les chanteurs hurlent et se tordent le cou et les yeux en même temps que la mesure. »
Traité des lois (II, 15, 39)
« Par quelle fatalité singulière est-il arrivé, que depuis 20 ans la république n'ait pas eu un seul ennemi qui ne m'ait déclaré la guerre ? » Ainsi commencent les Philippiques de Cicéron
Les quatre Philippiques / Démosthène

Histoire & Odyssée

Rédacteur de contenu culturel

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