Le 18 novembre 1548, le parlement de Paris interdit la représentation des Mystères. Les Mystères représentaient globalement la Passion du Christ, mêlant des légendes et histoires populaires. Mais pourquoi les a-t-on interdits ?

Genre dramatique très élaboré au Moyen Âge, le terme vient du mot latin “ministerium” (en somme, matérialiser la Passion). Plus tard, il sera confondu avec celui de mystère (latin “mysterium”, emprunté au Grec mustêrion, pour “l’initié”).

 

Les Mystères apparaissent au XIIIe siècle en Europe, d’abord représentés et mimés par des jongleurs, ensuite par des confréries. Sa fonction est simple : montrer au public la vie du Christ et mélanger au divin des éléments profanes (potins de la ville où l’on jouait la pièce).

Vous l’aurez compris, il y a une souplesse dans la manière de raconter l’histoire. Des différences se manifestent de ville en ville. Le “théâtre” médiéval avait ainsi une fonction sociale et religieuse. C’est l’évolution de la liturgie qui donnera vie au genre dramatique.

Élevé le plus souvent en plein air, un échafaud est dressé avec une scène et des estrades pour les spectateurs. Les représentations initiales n’avaient rien de professionnelles. On “invitait” les gens de bonne volonté à s’adonner à cette entreprise collective.

De plus en plus perfectionné, des “machinistes” utiliseront des trappes pour les diables, et lors d’une représentation à Metz, une maquette dragon a réussi à faire fuir les spectateurs. Une autre fois, une “fausse” pendaison a failli tuer l’acteur qui jouait Judas.

Si les Mystères s’inspiraient largement de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament, il y avait également la place pour des Mystères dits profanes : la destruction de Troie la Grande, ou le siège d’Orléans. Les événements historiques gagnaient de la visibilité.

Au fil du temps, les spectacles se dégradaient : les farces tournaient au scatologique, l’obscénité remplaçait les diableries, et Marie-Madeleine interpellait les gens de façon suggestive. Si le comique avait toujours eu sa place, le siècle des réformes enterra le genre.

Pour en savoir plus

Le mystère au Moyen âge : élaboration d’un genre ou problème de terminologie ?