L’intrépide Nellie Blye

David
Le tour du monde en 72 jours avec

Nellie Bly

En quelques mots

Nellie Bly a fait le tour du monde en 72 jours avec la bénédiction de Jules Verne en personne. Partie de rien, elle devient journaliste à vingt-et-un ans en 1885. Envoyée au Mexique ou infiltrée dans un asile psychiatrique, Nellie n’a pas froid au yeux.

Jules Verne

"Si tu réussis en soixante-dix-neuf jours, j'applaudirai des deux mains."

Inconnue au bataillon

Son histoire commence avec le mordant qui définira un trait de caractère : la pugnacité. En 1885, un article du journal Pittsburgh Dispatch affirmait que le travail des femmes était une « monstruosité ».

Elizabeth Jane Cochran (plus tard Nellie Bly), alors une jeune femme de 21 ans, écrivit une lettre au journal pour critiquer cet article. L’éditeur du journal, Joseph Pulitzer, a été tellement impressionné par la lettre de Cochran qu’il l’a invitée à venir le rencontrer.

Il l’a immédiatement embauchée comme journaliste sous le pseudonyme d’« Orphan Girl ». Peu de temps après, Cochran a changé son nom de plume pour « Nellie Bly », inspiré d’une chanson populaire de Stephen Foster.

Ambitieuse, elle ne voulait pas d’être cantonnée au département féminin du Dispatch. En guise de pied, elle se rendit seule au Mexique pour travailler comme correspondante, une profession encore rare pour les femmes à l’époque.

Elle a couvert un large éventail de sujets, dont la corruption et l’exploitation des paysans et des ouvriers. Ces articles ont déplu au gouvernement mexicain, qui l’a contrainte à quitter le pays pour éviter d’être arrêtée.

Intrépide et aventurieuse

De retour à Pittsburgh, Bly a été réassignée au département féminin du Dispatch. Déçue, elle a décidé de partir pour New York, où elle a pu poursuivre sa carrière de journaliste d’investigation. Un nouveau défi d’ampleur allait bien la titiller. 

Son patron, Joseph Pulitzer, lui a confié une mission périlleuse : se faire interner dans un asile psychiatrique pour dénoncer les conditions de détention des femmes internées. La condition des femmes en précarité était un sujet dont elle ne pouvait pas être insensible. 

À l’âge de 15 ans, elle a dû abandonner ses études pour aider sa mère à gérer un pensionnat. Elle commença par se faire passer pour une immigrante cubaine nommée Nellie Brown. Elle s’installa dans un pensionnat et commença à feindre la folie. 

Elle errait dans les couloirs, vociférait et hurlait. Le personnel du pensionnat était rapidement convaincu de sa folie. Ils contactèrent la police, qui la conduisit à l’hôpital psychiatrique de Bellevue. Les médecins de Bellevue diagnostiquèrent en état d’hystérie et un juge ordonna son internement à l’asile psychiatrique de Blackwell Island.

 Une fois à Blackwell Island, Nellie Bly vécut en première personne les indélicatesses de l’internement psychiatrique. Elle observa également les conditions de vie des autres patientes, qui étaient souvent négligées et maltraitées. 

Elle découvrit que certaines patientes étaient internées pour des raisons qualifiées aujourd’hui d’absurdes, comme le fait d’avoir eu des idées suicidaires. Après dix jours d’internement, Nellie Bly fut finalement libérée. 

Elle publia un article sensationnel dans le journal The New York World, dans lequel elle dénonçait les conditions de détention à Blackwell Island. L’article eut un impact considérable. Il contribua à la réforme des asiles psychiatriques et à l’amélioration des conditions de vie des patients

Le tour du monde

Un coup d’éclat entraîne un autre avec miss Bly. En 1889, le New York World inaugurait son nouveau siège. Pour attirer l’attention, le propriétaire du journal cherchait un grand article. Le 14 novembre 1889, Nellie Bly partit de Hoboken, dans le New Jersey, pour un tour du monde. 

Au cours de son voyage, elle rencontra Jules Verne, l’auteur du roman “Le tour du monde en quatre-vingts jours”. Cette rencontre en délimitera les contours. Ce dernier lui dira : “Si tu réussis en soixante-dix-neuf jours, j’applaudirai des deux mains.” 

Elle termina son voyage en soixante-douze jours, quelques jours de moins que le record de Phileas Fogg, le 25 janvier 1890. À son retour à Jersey City, elle fut accueillie par des milliers de personnes. 

Âgée de trente ans, elle épousa Robert Seaman, un millionnaire de soixante-douze ans. Seaman était le propriétaire de l’entreprise Iron Clad Manufacturing Co, qui fabriquait des ustensiles de cuisine en émail. Bly continua d’écrire des reportages de temps en temps jusqu’au décès de son mari en 1904. 

La marathonienne n’en avait décidément pas fini avec les exploits. En 1914, Nellie Bly se rendit en Autriche pour chercher des investisseurs pour son entreprise. 

Elle y resta quatre ans et devint la première femme correspondante de guerre sur le front Est pendant la Première Guerre mondiale. Quelque peu lasse, elle s’éteint à cinquante-sept ans en 1922, à la suite d’une pneumonie.

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