Découvrons la représentation de la mort dans les manuscrits médiévaux. Le sujet étant vaste, il s’agit ici d’un aperçu à travers des livres enluminés du XIIIe, XIVe et XVe siècles.

Préoccupation centrale, le taux de mortalité était sensiblement élevé dans une société à majorité rurale : mort en bas âge, maladie, famine, guerre, etc. (*)

 

Selon la tradition chrétienne, le but même de la vie était de se préparer à l’au-delà en évitant le péché, en prenant part aux sacrements et en suivant les enseignements de l’Église. Le temps était mesuré aux jours des saints.

 

Pâques étant la fête la plus sainte du calendrier chrétien, on y célébrait la résurrection du Christ d’entre les morts. Le paysage, encore aujourd’hui dans les petits villages, était dominé par les églises paroissiales, et le cimetière était le principal lieu de sépulture.

 

Le sort de l’âme d’une personne était déterminé par son comportement dans la vie, mais aussi par sa mort. Tous espéraient une bonne mort, avec un prêtre pour administrer les derniers rites. On pouvait risquer le purgatoire ou, pire, l’enfer, si on mourrait sans se confesser.

 

Dans un rouleau mortuaire du XIIIe siècle, une illustration montre l’âme de Lucy de Vere “transportée” au ciel par des anges. Ce rouleau a été envoyé dans plusieurs maisons religieuses à travers l’East Anglia (Angleterre), chacun d’eux y rajoutaient une inscription appropriée.

Une série de prières adéquates pour le défunt se retrouvaient dans les Livres d’heures. De riches “illustrations” montraient, en autres, un enterrement, ou encore des vivants accostés ou attaqués par la mort. Ces ouvrages étaient détenus par de riches laïcs.

Les rencontres terrifiantes entre les vivants et les morts sont devenues plus populaires à partir du début des années 1300. L’humour y est présent, subordonné au sérieux de la mort : dans un poème du XVe siècle, on raconte un débat entre un cadavre et les vers qui la mangent.

Sources et références

1) Livres d’Heures (XVe), Harley MS 2936
2) Danse Macabre (XVe), BNF
3) Mort de Roland (XIVe), BNF
4) Manuscrit allemand, 1465/70, Art of Chicago
5-6) Livres d’Heures (1400) ; Lucy de Vere (XIIIe), British Library
7) Psautier De Lisle (XIVe), British Lib.

* Généralisation pour le besoin des manuscrits aux époques susmentionnées.

Pour en savoir plus

“La mort au Moyen Age” (Poche), Danièle Alexandre-Bidon.