San Gimignano

La cité des 72 tours

Toucher le ciel

San Gimignano est la cité dite des 72 tours. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 14. Mais ce n’est pas le cas quand Dante Alighieri – auteur de la Divine Comédie – arrive dans la ville pour une mission, le 7 mai 1300.

Dante ne vient pas en touriste (notion anachronique), il est le porteur d’une ambassade de la Ligue du parti guelfe de Florence. Les Florentins l’ont choisi pour adoucir les relations entre les deux cités.

La douloureuse période des luttes municipales est toujours dans les esprits. San Gimignano, dirigée par la famille gibeline Salvucci, se remémore encore les dommages causés par les Florentins, notamment des places fortes dérobées.

Une histoire de lutte

Guelfes, gibelins ? Aux XIIIe et XIVe siècle, les factions des guelfes et gibelins s’affrontèrent à Florence, puis dans la plupart des villes d’Italie où les gibelins prirent le parti de l’empereur, en lutte contre le pape et ses partisans, les guelfes.

Le Palazzo Comunale est le lieu où Dante prononça son discours. Quatre mois après sa visite, on débutait la construction de la Torre Grossa. À l’intérieur, la Chambre du Podestà possède un cycle de fresques peint par Memmo di Filippuccio.

Au XIIIe siècle, San Gimignano a pu prospérer grâce au commerce des produits agricoles locaux de qualité, comme par exemple le safran. Son intense activité commerciale et les immenses capitaux accumulés ont permis la création d’une classe aristocratique urbaine.

Celle-ci a exprimé sa suprématie politique et sociale dans la construction et l’érection de nombreuses tours. * Si on parle précisément de 72 tours, plusieurs historiens pensent aujourd’hui qu’il y en avait vraisemblablement moins.

Moeurs et coutumes

À cette époque, les cloches avaient un rôle fondamental : elles servaient non seulement à alerter les citoyens en cas de danger, mais aussi à leur rappeler les événements publics tels que les foires et les jours de marché, ainsi qu’à marquer les heures qui s’écoulent.

En 1255, un règlement interdit aux particuliers d’ériger des tours plus hautes que la Rognosa. Mais la puissante famille des Salvucci a ignoré le règlement, en construisant les Torri Gemelle. Celles-ci ont été immédiatement copiées par une famille rivale, les Ardinghelli.

L’œuvre principale de Dante va inspirer les artistes à San Gimignano. En 1393, Taddeo di Bartolo a peint une fresque fresque représentant le Jugement Dernier dans la collégiale de San Gimignano.

700 ans après Dante

L’église romane de San Lorenzo in Ponte est décorée d’un cycle exceptionnel de fresques peintes par Cenni di Francesco en 1413. Elles décrivent la vie après la mort avec des détails intrigants sur l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis. Ainsi que la “Vierge à l’Enfant en gloire”.

La bibliothèque municipale du Palazzo della Cancelleria a disposé – pendant plusieurs années – d’une salle spéciale abritant des collections et des souvenirs liés au poète florentin. Aujourd’hui encore, San Gimignano célèbre la venue de Dante, après plus de sept cent ans.

Toutes les informations de l’article proviennent du Musei Civici di San Gimignano ainsi que de l’Unesco. Photographies : instagram/stefanogera, Wikipedia CC 4.0 Licenses, VisitTuscany et Unesco. Pour en savoir davantage : whc.unesco.org/fr/list/550/

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