Immortalisé par le célèbre boulet de canon sur lequel il voyageait, le baron de Münchhausen (1720 – 1797) est bel et bien un personnage réel. Ses exploits, très romancés, ont fait de lui le héros le plus populaire de la littérature allemande.

Ne vous étonnez pas s’il a réussi à chasser le lièvre à huit pattes, danser la gigue dans le ventre d’un poisson, disperser la flotte du sultan de Constantinople ou voyager sur la Lune. L’écrivain Rudolf Raspe et, ensuite, le poète Gottfried Bürger vont propager ces histoires.

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En 1786, le roman “Les Aventures du baron de Münchhausen” est publié. Mais qui est-il ? Karl Friedrich, baron de Münchhausen, est né en 1720 à Bodenwerder, en Allemagne. À 13 ans, il intègre le régiment de cuirassiers du prince Anton Ulrich de Brunswick.

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Au fil des affectations, il est entraîné dans les guerres opposant l’Empire russe (dans lequel il servira) face à la Turquie. Il participe aux campagnes de 1740 et 1741. Son succès est tel que l’impératrice Élisabeth le nomme capitaine pour services rendus grâce à son courage.

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En 1744, il se marie et, ensuite, retrouve ses terres de Bodenwerder, où il vivra jusqu’à la fin de ses jours. Un décès, un remariage, une fortune engloutie. La fin de sa vie est sombre. Mais c’est au cours des banquets qu’il organise dans sa propriété que se joue l’affaire.

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Il va, en effet, conter à ses convives ses aventures extraordinaires, comme le faisaient de nombreux hommes d’armes de son époque. Conteur né, il alterne humour et grandiloquence, au point où ses récits vont dépasser les frontières.

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Dix-sept des histoires qui lui sont attribuées sont publiées anonymement à Londres. On apprend plus tard que l’auteur est un compatriote du baron, Rudolf Erich Raspe. Gottfried August Bürger publiera ensuite sa propre version et le fera ainsi connaître dans le monde entier.

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Le succès est au rendez-vous. Les meilleures de ces histoires sont assurément de la plume de Bürger. Mais lorsqu’il prend connaissance de la publication, le principal intéressé est offensé. Dans les récits, le baron malicieux est perçu comme un menteur pathologique.

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Les influences vont des Mille et Une Nuits aux légendes des régions d’Europe, en passant par des recueils de contes allemands (voire de Cervantès). Ces récits, loin d’être simplement récréatifs, sont un vaste vivier d’anecdotes populaires, transmises oralement depuis toujours.

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Si le baron de Münchhausen meurt le 22 février 1797, ces histoires qui ont traversé les siècles méritent qu’on s’y attarde.

Pour en savoir plus

– Édition numérique de Gallica : c.bnf.fr/MPH